15 septembre, 2008

White Shirt, Black Polo & I

MyBestFriendWhoCan'tFuck fait toujours bien les choses. Il a le don de réunir des cercles très différents, et de les faire jouir ensemble, autour de verres toujours remplis et de sons toujours rocky. Rendez-vous était donc pris.

L'occasion, aussi, d'envisager une nouvelle vie. D'une ancienne capitale à une plus récente. Fonction du marché de l'emploi, l'avenir proche me le dira. Un train et une panic attack plus tôt, ça me semblait déjà évident.

Ecumer les bars de Bastille et compter. Compter combien la parisienne a la grande classe. Avec ou sans grâce d'ailleurs. God put a smile upon my face. Voir mon Squatter Twin aller mieux, à coup de résolutions, de pintes de bière et de coïts retardés avec une jeune pucelle écervelée mais éperduement éperdue de ses grands yeux vitreux. Charmante, au demeurant, mais bien jeune. Lui rappeler que lorsque nous avions l'âge de cette jeune demoiselle, nous détestions les garçons de notre âge d'aujourd'hui. Justement, parce qu'ils chassaient sur nos terres. Le lui faire constater, donc. "Je fais mon Oedipe mec, fais pas chier" qu'il m'a dit. Hmmm pas faux.

Tchip, c'est effectivement très cheap et je n'y suis donc pas allé. Partager un Schweppes et deux thés à la menthe avec des futurs mariés Bellevillois. Mais version colliers de fleur. My God, qu'ils sont beaux et bons. Constater, aussi, que les liens perdurent. Qu'ils devraient toujours perdurer, bien au delà de toutes divergences de ressentis et d'interprétation. S'attacher au fond et pas à la forme. Ecouter et non, entendre. Avec le temps... i hope so. Résister à la brève tentation des salons de coiffure sino-bellevillois. Mes pattes frisottent mais qu'importe.

Quelques bières, deux autres futurs mariés et un burger plus tard, je m'improvise DJ Bubz. C'est dingue de voir l'effet du Sex Appeal de la policière et des Ting Tings sur la gent féminine. L'alcool coule à flots et je manque de me noyer dedans. La joyeuse compagnie des vacances de la rédemption est presque au complet. Sourires, embrassades, private jokes et défis débiles sont toujours au rendez-vous. De vieilles connaissances d'une période que je m'efforce d'oublier allez savoir pourquoi sont là aussi. Je guette tout signe de mépris alors que non, le plaisir semble réel. Rassurant et encourageant. Je m'affirme, boys. Et c'est pas pour me déplaire.

Des inconnus au demeurant sympathiques bien que très superficiels sont là aussi. Une robe voile noire captive mon attention et ma curiosité. Quelques regards joueurs en guise d'introduction. Originale, Mzelle. Je tente de garder mon contrôle en m'occupant des frasques ultralcoolisées de MyBestFriendWhoCan'tFuck qui a décidé d'être le roi du monde et des meufs. Logique c'est chez lui. C'est comme ça que je l'aime mais forcé de constater qu'il peut dépasser les limites de la bienséance quand il joue à l'équilibriste nombriliste. Les deux (ou trois ?) victimes de la soirées s'en remettront, thanx god. Mais il aura fallu, une fois de plus, user de tous nos talents de diplomates. Le principal étant que lui et Yearly Summer Coup de Foudre aient préservé leur relation à moitié assumée de fuck friends mais pas que (et oui). A mon grand dam et, en même temps, pour mon plus grand bonheur. Ma jalousie me joue des tours : elle s'est cassée.

La jalousie, parlons en, n'est qu'un manque de confiance en soi. Nous sommes d'accord. Un manque de self confidence, donc, découlant de la compétition qui exacerbe notre société, jusqu'à nos relations amicalo-amoureuses bla bla bla bla bla. J'ai souvent eu ce sentiment de jalousie injustifié. Juste parce que je voyais une lubie s'abibocher avec un autre. Je craignais le moment -qui, évidemment, finissait par arriver, (serais-je medium ? ou télékinésiste de corps qui se cherchent malgré moi, auquel cas je vais sérieusement envisager une reconversion)- où j'allais apprendre que "ça y essssst c'est fait". Et moi, pauvre con jaloux et hypocrite, de lâcher un "de la balle" ou "trop cool", voire "lol" voire les trois en même temps. J'ai récemment et soudainement arrêté d'éprouver ce sentiment pour plusieurs raisons : 1/la complicité, ça ne s'invente pas 2/je suis hors compétition, j'en ai pris conscience et ça change tout. Ce qui ne signifie pas que j'ai pris confiance. Si vous lisez entre les lignes, vous aurez compris.

Nous ne sommes plus qu'une mini-dizaine et je fais des battle. Ados attardés, nous jouons au quart d'heure américain version rock. J'ai une furieuse envie d'offrir un exhutoire à mes lèvres sur l'une des sessions mais me rend compte que deux regards qui se comprennent sont autrement plus puissants dans certains cas. Deviendrais-je sage sous alcool ? All the things I've done résonne(nt) dans mes tempes, genoux joints sur le parquet, mains sur la tête, hurlant.

Puis de m'interrompre de remuer mon corps frénétiquement quelques dizaines de minutes plus tard, en voyant robe voile noire, s'affaissant dans le canapé, pour tenter d'échapper aux convoitises de polo noir et chemise blanche. Je m'en amuse et m'en délecte. Je me souviens des regards joueurs et souriants. Je m'en désole, aussi. Les jeux et techniques de chasse masculines sont parfois bien pathétiques d'abnégation quand le "négatif, mec" est évident. Allez comprendre alors pourquoi, alors que les deux mâles en chaleur (comme je les comprend) polo noir et chemise blanche s'affairent à tirer leurs dernières cartouches pour gagner les faveurs de la belle, je vais m'inventer marchand de rock pour la réveiller. A l'oreille : "Ne t'endors pas et viens danser". Bingo. Je me fais fusiller du regard par Ralph L. et Hugo B. mais c'est jouissif.

J'ai une propension extrême pour la danse, les regards sexuels et les sourires bienveillants ce soir. J'ai beau avoir un crédit tacite à utiliser, je n'en veux pas pour le moment. Je veux juste me sentir vivant. Et c'est exactement ce qui se passe.

Logiquement, quand deux corps s'affalent dans la même couche, ivres, c'est pour se découvrir et, au moins, se frôler. Regarder une jolie fille dormir du soleil du lourd et l'écouter respirer, ça a ses charmes, aussi.

07 septembre, 2008

Petite Conne

J'ai la désagréable impression de faire chier mon monde. Et de me faire chier au passage. Vie privée, vie publique. C'est un peu The Mess pour tout vous dire.

Se donner corps et âme. Marier des inconnus. Voir qu'amis, récents et anciens, se marient et font des enfants. Passer des coups de fil alors que ça fait des années qu'on s'en empêche. S'offrir un ersatz au soleil. Se faire tromper. Hésiter à tromper, voire, tromper. Essayer de démêler ça et d'en faire un fait simple. Y repenser et le renouer. Se dire qu'il faudrait peut être réduire les séances de psy, ça rend égoïste. Apprendre que The Girl You Really Loved se marie pendant tes vacances, à quelques kilomètres de là où tu seras en vacances. Paniquer et digérer. Augmenter la clope. Ca de plus ça de moins.

Se ré-offrir un eden au soleil avec les vrais gens. Pas penser à tout ça et Repenser à tout ça. Profiter d'eux. Tomber amoureux quelques secondes. Se raisonner. Attendre que ça passe. Rester immobile et sourire. Tenter de dialoguer avec ses semblables. Se heurter à des murs. Se noyer à corps perdu dans un ménage. Faire le point. Fumer plus que de raison à se dire que finalement, le cancer foudroyant serait un beau billet. Déprimer pour de bon.

Resourire à la lueur de 6 orgasmes après 12 crises d'angoisses. La sodomie c'est mal mais c'est primaire. Donc d'un point de vue anthrpologique c'est bon. Au moins il s'agit pas de procréer (cf paragraphe 2)

Arrêter de fumer pendant un jour. Arrêter de boire pendant une semaine. Mieux se sentir. Louper le rendez-vous avec la psy mais rêver d'elle. Démêler et remêler tout ça en se confondant en excuses. Etre égoïste en balançant des immondices à la gueule des gens. S'en vouloir. Et puis en fait non.

Se satisfaire de ce que l'on a. Et puis finalement non, ne pas s'en satisfaire. Hurler au téléphone. Rappeler pour s'excuser d'avoir hurlé. Mais en hurlant. Repenser aux ersatz et sourire en y repensant et en voyant le pourquoi du comment de l'immobilisme qui fait son effet. Se rendre compte qu'on n'est jamais tant puissant que lorsqu'on hésite. Se rendre compte la minute suivante qu'en fait non c'est l'inverse. Arrêter de chercher des vérités générales.

Débrancher subitement. Rêver d'un virage à 190°. Parce qu'à 180° on se retrouverait à l'opposé et c'est pas tout à fait ça. Compter les filles. Se dire qu'on est, indeed, normal. Puis consoler son meilleur ami qui n'arrive pas à faire l'amour. Se dire qu'on aimerait être à sa place. Juste pour voir ce que ça fait la vie sans cul. Recompter. Se dire qu'on est anormal.

Laver son linge. Bien le plier. Bien le repasser. Etre en forme sans paracétamol pendant des semaines. Se contenter de discussions virtuelles qui n'amèneront à rien de bon. Ou à rien. Ou les deux.

Sourire aux inconnues donc. Montrer que sous ces yeux inquiets existent autre chose que de la putain d'utopie. Réussir à accrocher quelques sourires et s'en contenter. C'est juste du pragmatisme. Shit.

Et puis cette charmante petite conne à peine majeure, qui me sourit, dans les toilettes, en rougissant d'être pieds nus. En essayant de faire la conversation. En se passant les doigts dans les cheveux. En souriant bêtement.

Petite conne, va.

Fuck.

21 octobre, 2007

Con-descendant

J'étais pourtant plein de bonnes résolutions. D'envie. De détermination. J'ai même répété. Devant un miroir, dans une cage d'escalier, sous la douche.

Et donc, je me suis montré froid, distant, pour me mettre en conditions. Gentil mais loin, et sobre.

Puis j'ai essayé de parler...

J'en ai pris pour mon grade.

Avec amour.

Verre de trop ? Empathie exacerbée et horripilante ? Lâcheté ? J'ai eu comme une pitié (désolé du terme, j'ai cherché 10 minutes avant de m'y résoudre), comme l'impression d'être un méchant chasseur en train de mettre en joue un faon, alors qu'il pourrait être à dix mètres en restant certain de ne pas manquer sa cible.

Alors, fatigué, j'ai cédé. Je devais brandir les armes et j'ai déposé les lèvres. Faites l'amour pas la guerre. Mouais. Y'a pas une demie mesure ?

Un psy me dirait que j'ai failli oser, ce qui est positif au demeurant. Ta gueule le psy.

J'ai scotché une heure un verre de vin (non terminé) devant une émission dans laquelle de jeunes américaines font des concours de tee-shirt mouillés pour trouver l'homme de leur vie. Triste constat : avoir une plastique de pub pour gel douche n'aide pas à être intelligente ! On m'aurait menti ?

J'ai fini par dormir... Au réveil j'ai essayé d'être simple : un baiser, un, deux, trois coïts. Orgasmiques comme toujours. On ne nous l'enlèvera pas, ça au moins. Mais est-ce bien raisonnable ?

C'est con mais ça rassure. Ces cons me rassurent ?

19 octobre, 2007

Oser. Naître. Etre.

Pour la première fois depuis longtemps, j'ose envisager ce que j'ai toujours redouté de faire : Etre moi. Etre heureux. Même si ça risque de fort déplaire à certaines personnes. Même si ça risque de faire du mal à d'autres. Mais ça a de fortes chances de me plaire pas mal. Même si je risque d'en baver quelques temps.

Je suis, ou plutôt disons, j'étais : le roi du consensus. Pour vous engueuler avec moi, il faut vraiment y aller très très fort. Provoquer en moi une colère visible relève du domaine du possible mais reste d'une extrême rareté. Mais ce que j'ai longtemps pris pour de la diplomatie, pour de la bienveillance envers autrui me saute aujourd'hui aux yeux comme une preuve de lâcheté évidente : j'ai peur de vivre selon mes principes. Je me réfugie dans le consensus par peur de m'affirmer, ou plutôt par peur de ne pas savoir ce que je dois affirmer. Je ne me connais pas ? Eh bien ça va changer... !

Aujourd'hui est un grand jour : quelques mots sortis de ma bouche dans une cage d'escaliers, clope au bec, thé aux lèvres, un mensonge sans conséquence, auquel personne n'aura prêté attention m'a sauté aux yeux comme la nécessité absolue d'être désormais moi-même. Pourquoi ce mensonge ? Parce que je n'ai pas osé dire ce que je pensais, à un moment donné. Parce que j'avais peur, gros con que je suis, que mon opinion n'ait aucune sorte de valeur. Et pendant des heures, des heures, j'ai ressassé ce moment pourtant anodin en me demandant "pourquoi". C'est ce fameux déclic qui fait que vous changez. Quand une chose absolument insignifiante vous fait vous remettre en question, vous implore de vous respecter, vous dit que vous êtes la seule personne au monde à pouvoir le faire, et que vous cacher dans une pseudo consensualité ne vous amènera nulle part.

Alors je vais naître. Je vais aimer, détester, être nul, être génial, être un salaud, être adorable, être un formidable amant, être un mauvais coup, être honnête. Etre. Naître

18 octobre, 2007

When I was a Child

SouL becomes Esteban. Retour ? Allez, j'avoue, ça me trotte dans la tête depuis un petit moment. Et puis j'ai craqué... On garde la même déco et on reprend, donc.

Le précédent blog était né d'envies de partager certaines frustrations, aspirations, réflexions, envies, fantasmes, avec un auditoire susceptible de me comprendre. Une sorte de carnet intime ouvert sur le monde. C'est le principe d'un blog me direz-vous...

Mes motivations restent les mêmes aujourd'hui. Avec peut-être un peu plus de maturité (ben oui, il s'en est passé des choses en un an !). Oh, je vous rassure, je suis toujours alcoolique, toujours fumeur, toujours obsédé, toujours égocentrique, toujours altruiste. Mes côtés pile et face sont toujours là. Mais un peu plus assumés dirons nous. Lucide.

C'est reparti pour un tour donc. Entre fiction et réalité, fantasmes et aveux, raisonnements et pulsions...

Vous me connaissiez ? Welcome back. Vous me découvrez ? Bien du courage...

Esteban.