07 septembre, 2008

Petite Conne

J'ai la désagréable impression de faire chier mon monde. Et de me faire chier au passage. Vie privée, vie publique. C'est un peu The Mess pour tout vous dire.

Se donner corps et âme. Marier des inconnus. Voir qu'amis, récents et anciens, se marient et font des enfants. Passer des coups de fil alors que ça fait des années qu'on s'en empêche. S'offrir un ersatz au soleil. Se faire tromper. Hésiter à tromper, voire, tromper. Essayer de démêler ça et d'en faire un fait simple. Y repenser et le renouer. Se dire qu'il faudrait peut être réduire les séances de psy, ça rend égoïste. Apprendre que The Girl You Really Loved se marie pendant tes vacances, à quelques kilomètres de là où tu seras en vacances. Paniquer et digérer. Augmenter la clope. Ca de plus ça de moins.

Se ré-offrir un eden au soleil avec les vrais gens. Pas penser à tout ça et Repenser à tout ça. Profiter d'eux. Tomber amoureux quelques secondes. Se raisonner. Attendre que ça passe. Rester immobile et sourire. Tenter de dialoguer avec ses semblables. Se heurter à des murs. Se noyer à corps perdu dans un ménage. Faire le point. Fumer plus que de raison à se dire que finalement, le cancer foudroyant serait un beau billet. Déprimer pour de bon.

Resourire à la lueur de 6 orgasmes après 12 crises d'angoisses. La sodomie c'est mal mais c'est primaire. Donc d'un point de vue anthrpologique c'est bon. Au moins il s'agit pas de procréer (cf paragraphe 2)

Arrêter de fumer pendant un jour. Arrêter de boire pendant une semaine. Mieux se sentir. Louper le rendez-vous avec la psy mais rêver d'elle. Démêler et remêler tout ça en se confondant en excuses. Etre égoïste en balançant des immondices à la gueule des gens. S'en vouloir. Et puis en fait non.

Se satisfaire de ce que l'on a. Et puis finalement non, ne pas s'en satisfaire. Hurler au téléphone. Rappeler pour s'excuser d'avoir hurlé. Mais en hurlant. Repenser aux ersatz et sourire en y repensant et en voyant le pourquoi du comment de l'immobilisme qui fait son effet. Se rendre compte qu'on n'est jamais tant puissant que lorsqu'on hésite. Se rendre compte la minute suivante qu'en fait non c'est l'inverse. Arrêter de chercher des vérités générales.

Débrancher subitement. Rêver d'un virage à 190°. Parce qu'à 180° on se retrouverait à l'opposé et c'est pas tout à fait ça. Compter les filles. Se dire qu'on est, indeed, normal. Puis consoler son meilleur ami qui n'arrive pas à faire l'amour. Se dire qu'on aimerait être à sa place. Juste pour voir ce que ça fait la vie sans cul. Recompter. Se dire qu'on est anormal.

Laver son linge. Bien le plier. Bien le repasser. Etre en forme sans paracétamol pendant des semaines. Se contenter de discussions virtuelles qui n'amèneront à rien de bon. Ou à rien. Ou les deux.

Sourire aux inconnues donc. Montrer que sous ces yeux inquiets existent autre chose que de la putain d'utopie. Réussir à accrocher quelques sourires et s'en contenter. C'est juste du pragmatisme. Shit.

Et puis cette charmante petite conne à peine majeure, qui me sourit, dans les toilettes, en rougissant d'être pieds nus. En essayant de faire la conversation. En se passant les doigts dans les cheveux. En souriant bêtement.

Petite conne, va.

Fuck.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

quel torrent de mots de vie de force !
Cher Esteban, vivre c'est ça.
les hauts les bas les doutes le Q le sexe l'amour.
rien y comprendre.
et tout piger la seconde d'après.
à quelques doutes près.
des baisers bruns, très bruns.